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DPE 2027 : mention A0, coefficient 1,7... ce que change l'arrêté publié en août 2026

8 min de lecture

Guillaume

Guillaume

Co-fondateur @ DPEboost

L'article en bref :

Un arrêté daté du 11 juin 2026 et publié au Journal officiel le 13 août 2026 adapte le DPE à la nouvelle directive européenne sur la performance énergétique des bâtiments. Au 1er janvier 2027, le DPE affichera une mention A0 « bâtiment à émissions nulles » (réservée aux logements A ou B sans aucun équipement fossile), la production d'énergie renouvelable du logement, la durée de vie restante du système de chauffage et sa capacité de pilotage. En parallèle, un second texte, en consultation publique jusqu'au 6 août 2026, prévoit d'abaisser le coefficient de conversion de l'électricité de 1,9 à 1,7 : des centaines de milliers de logements chauffés à l'électricité gagneraient une classe sans travaux.

Après la réforme de janvier 2026 (coefficient électricité passé de 2,3 à 1,9), le DPE continue sa mue. Le texte publié au JO ce 13 août 2026 transpose la directive européenne (UE) 2024/1275 sur la performance énergétique des bâtiments, et un second texte dédié au coefficient électricité est attendu. Voici, point par point, ce qui change réellement pour votre logement au 1er janvier 2027.

Ce que contient l'arrêté publié au JO le 13 août 2026

L'arrêté du 11 juin 2026 « portant diverses dispositions d'adaptation au droit de l'Union européenne sur le diagnostic de performance énergétique » modifie l'arrêté du 31 mars 2021, socle méthodologique du DPE. Toutes ses dispositions entrent en vigueur le 1er janvier 2027. Concrètement, le DPE s'enrichit de plusieurs informations nouvelles :

  • La production d'énergie renouvelable totale du logement (en kWh), rapportée à ses consommations finales, avec le principal vecteur énergétique utilisé. Les panneaux solaires ou le chauffe-eau thermodynamique deviennent visibles noir sur blanc sur le diagnostic.
  • Une évaluation de la durée de vie restante du système de chauffage (et de climatisation le cas échéant). Un acheteur saura si la chaudière est en fin de vie avant de signer.
  • L'aptitude du système d'émission et de distribution à fonctionner à basse température (ou à des températures plus efficientes). C'est une pré-qualification directe des projets de pompe à chaleur air/eau : des radiateurs compatibles basse température, et le DPE le dira.
  • La capacité du logement à adapter sa consommation en réaction à des signaux externes (pilotage, effacement) : un premier pas vers la « flexibilité » énergétique dans le diagnostic.
  • Une séparation entre ventilation et fuites d'air dans l'affichage des déperditions : le renouvellement d'air voulu (la VMC) et le débit subi (défauts d'étanchéité) apparaissent en deux postes distincts, alors qu'ils étaient fusionnés. Le calcul 3CL les distinguait déjà en interne ; 2027 les rend visibles. Les réseaux de chaleur sont par ailleurs désormais qualifiés d'« efficaces » plutôt que de « vertueux ».

En copropriété, l'arrêté règle aussi un vide : la production d'une installation renouvelable collective (du photovoltaïque en toiture, par exemple) est répartie entre les logements au prorata de leur surface de référence. Chaque DPE individuel affichera donc sa quote-part.

À noter ce qui ne change pas dans ce texte : aucun seuil de classe n'est modifié, aucun coefficient de conversion, aucun facteur d'émission. Un logement D reste D au 1er janvier 2027 par ce seul arrêté.

Et surtout, l'arrêté crée une nouvelle mention sur l'étiquette : le A0.

La mention A0 « bâtiment à émissions nulles » expliquée

Le A0 n'est pas une huitième classe qui remplacerait le A : c'est une mention qui s'ajoute à l'étiquette pour signaler un « bâtiment à émissions nulles », la référence de la directive européenne. Pour l'obtenir, deux conditions cumulatives :

ConditionDétail
Étiquette A ou BLe logement doit déjà être très performant au sens du DPE classique.
Zéro énergie fossileÉnergies exclusivement renouvelables (produites sur site ou à proximité), électricité, ou réseau de chaleur/froid efficace. Aucun équipement de chauffage ou d'eau chaude ne doit pouvoir fonctionner au gaz ou au fioul, même récent et performant.

Source : arrêté du 11 juin 2026, JO du 13 août 2026

La conséquence est claire : un logement classé A avec une chaudière gaz à condensation dernier cri n'aura jamais la mention A0. Le critère porte sur toute installation susceptible d'utiliser une énergie fossile : conserver une chaudière gaz en simple appoint derrière une pompe à chaleur suffit à écarter la mention. À l'inverse, un logement tout électrique classé A ou B obtient le A0 d'office, sans avoir à produire la moindre énergie renouvelable sur place. Pour un bien destiné à la vente, cette mention deviendra un argument de différenciation supplémentaire au sein même des classes A et B.

Deux limites à garder en tête : l'arrêté crée ces nouveaux champs sans toujours en préciser les modalités de calcul (la durée de vie restante du chauffage et la flexibilité attendent leurs tables d'application dans les logiciels), et son périmètre reste le logement en France métropolitaine ; le tertiaire et l'outre-mer relèvent d'autres textes.

Coefficient électricité : vers 1,7 au 1er janvier 2027

Le deuxième chantier ne figure pas dans l'arrêté publié : c'est un projet d'arrêté distinct, soumis à consultation publique du 9 juillet au 6 août 2026, qui abaisserait le coefficient de conversion de l'énergie finale en énergie primaire de l'électricité de 1,9 à 1,7, lui aussi au 1er janvier 2027.

Ce coefficient s'applique à toutes les consommations électriques du DPE (chauffage, eau chaude, ventilation, éclairage, auxiliaires, climatisation). Le passer de 1,9 à 1,7 réduit d'environ 10,5 % la consommation conventionnelle affichée d'un logement tout électrique, sans le moindre travaux. Cumulée avec la baisse de janvier 2026 (2,3 → 1,9), la réduction atteint environ 26 % en deux ans pour ces logements.

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Quels logements gagnent une classe en 2027 ?

Les gagnants sont sans ambiguïté les logements dont le chauffage, l'eau chaude et la climatisation fonctionnent à l'électricité : convecteurs, panneaux rayonnants, pompes à chaleur, chauffe-eau électriques ou thermodynamiques. Selon les estimations publiées lors de la consultation, 300 000 à 500 000 logements sortiraient du statut de passoire thermique (F et G), quasi exclusivement des logements chauffés à l'électricité.

  • Un logement F tout électrique proche du seuil bascule en E : il sort du statut de passoire thermique et échappe au calendrier d'interdiction de location.
  • Un logement E peut passer en D, avec un effet direct sur sa valeur et son attractivité.
  • Les logements au gaz ou au fioul ne gagnent rien : leur coefficient ne change pas, et l'écart avec les logements électriques se creuse encore.

À noter : d'après les simulations relayées dans la presse spécialisée, l'installation d'une pompe à chaleur assurant chauffage et eau chaude permettait déjà un saut de deux classes dans 75 % des cas. Avec le coefficient à 1,7, l'électrification devient l'axe dominant de toute stratégie d'amélioration du DPE.

Vente, location, valeur : les conséquences pratiques

Pour les vendeurs : une étiquette qui monte d'une classe au 1er janvier 2027, c'est une décote qui s'efface, parfois plusieurs dizaines de milliers d'euros sur un bien familial. Si vous vendez un logement électrique classé E ou F, connaître sa future étiquette peut changer votre calendrier de mise en vente.

Pour les bailleurs : sortir de la classe G (interdite à la location pour les nouveaux baux depuis 2025) ou de la classe F change directement le droit de louer le bien. Comme en 2026, le dispositif prévu permettrait de télécharger gratuitement une attestation de nouvelle étiquette, sans refaire de diagnostic.

Pour les acheteurs : les nouvelles informations (durée de vie du chauffage, production renouvelable, mention A0) donnent des arguments de négociation inédits. Un DPE A sans mention A0 signale par exemple un équipement fossile encore en place, donc un remplacement à budgéter.

Comment anticiper dès maintenant

Pas besoin d'attendre janvier 2027 pour savoir où atterrira votre logement. DPEboost recalcule votre étiquette à partir des données officielles ADEME de votre DPE existant, et vous permet de simuler l'impact de travaux (pompe à chaleur, chauffe-eau thermodynamique, isolation...) sur votre future classe :

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FAQ

Faudra-t-il refaire son DPE au 1er janvier 2027 ?

Non. Les DPE déjà réalisés restent valables. Comme lors de la réforme de janvier 2026, le dispositif prévu permettrait de télécharger gratuitement une attestation de nouvelle étiquette, sans nouveau diagnostic, une fois le texte sur le coefficient publié.

La mention A0 remplace-t-elle la classe A ?

Non, elle s'y ajoute. L'échelle A à G reste inchangée ; le A0 signale en plus un « bâtiment à émissions nulles » au sens de la directive européenne.

Un logement chauffé au gaz peut-il obtenir la mention A0 ?

Non. Le texte exige qu'aucune installation susceptible d'utiliser une énergie fossile ne soit présente, quelle que soit sa performance. Une chaudière gaz conservée en simple appoint derrière une pompe à chaleur suffit à écarter la mention.

Les seuils des étiquettes changent-ils ?

Non, l'arrêté publié ne touche pas aux seuils. C'est le coefficient de l'électricité (1,9 → 1,7, texte distinct en préparation) qui fera monter mécaniquement certains logements électriques d'une classe.

Le coefficient à 1,7 est-il définitif ?

La consultation publique s'est achevée le 6 août 2026 et l'application est prévue au 1er janvier 2027, mais l'arrêté correspondant n'était pas encore publié au Journal officiel à la date de cet article. Nous le mettrons à jour dès sa parution.

Conclusion

L'arrêté du 11 juin 2026, publié ce 13 août, ancre le DPE français dans le cadre européen : mention A0 pour les bâtiments à émissions nulles, transparence sur les énergies renouvelables, la durée de vie du chauffage et le pilotage de la consommation. Combiné au coefficient électricité à 1,7 en préparation, le message réglementaire est cohérent : l'électrification des équipements est récompensée, les énergies fossiles sont progressivement écartées du haut du classement. Pour les propriétaires, l'enjeu est d'anticiper : simuler sa future étiquette, et cibler les travaux qui comptent vraiment avant que le marché n'ait intégré les nouvelles règles.

Sources : Légifrance, arrêté du 11 juin 2026 (JO du 13 août 2026) · Consultation publique sur le facteur de conversion de l'électricité · Selectra · Journal de l'Agence · Actual Immo