L'article en bref :
Le texte que tout le monde attendait est paru. L'arrêté du 19 août 2026, publié au Journal officiel du 26 août 2026, abaisse le coefficient de conversion de l'électricité de 1,9 à 1,7 au 1ᵉʳ janvier 2027. Nous avons appliqué ce nouveau calcul à 74 800 DPE réels classés G : 16 % d'entre eux passent en F, sans le moindre travaux. Les gagnants sont les logements tout électrique. Et il ne sera pas nécessaire de refaire son diagnostic : une attestation gratuite de l'ADEME remplacera l'étiquette.
Après le passage de 2,3 à 1,9 en janvier 2026, la conversion de l'électricité dans le DPE franchit une nouvelle marche. Voici ce que dit exactement le texte, qui y gagne réellement, et comment récupérer la nouvelle étiquette.
L'arrêté est publié, et il est très court
L'arrêté du 19 août 2026 tient en six articles, dont deux suffisent à tout dire. Ses articles 1 et 2 remplacent, mot pour mot, « la valeur 1,9 » par « la valeur 1,7 » dans l'annexe 3 de l'arrêté du 31 mars 2021, socle méthodologique du DPE des logements, et dans celle de l'arrêté du 15 septembre 2006 qui régit les bâtiments non résidentiels. L'article 5 abroge l'arrêté du 13 août 2025, celui qui avait installé le 1,9. L'article 6 fixe l'entrée en vigueur au 1ᵉʳ janvier 2027.
Autrement dit : rien d'autre ne change. Ni les seuils des classes A à G, ni la méthode 3CL, ni les données que le diagnostiqueur relève chez vous. Ce texte est le pendant du volet « méthode » déjà paru cet été, que nous avons détaillé dans notre article sur ce que change l'arrêté d'août 2026 (mention A0, durée de vie du chauffage, production renouvelable affichée).
Ce que change vraiment le coefficient
Un DPE n'affiche pas l'énergie que vous consommez, mais son équivalent en énergie primaire : ce qu'il a fallu mobiliser en amont pour l'acheminer jusqu'à votre compteur. Le gaz, le fioul et le bois portent un coefficient de 1 : un kWh consommé compte pour un kWh. L'électricité, elle, porte un coefficient supérieur, censé refléter le rendement du système de production.
Ce coefficient a beaucoup bougé, et pas toujours pour les mêmes raisons. Il valait 2,58, hérité d'une convention statistique de 1972 fondée sur le rendement moyen des centrales thermiques de l'époque, au charbon et au fioul, soit 38,7 %. Il est descendu à 2,3 en 2021, valeur issue du calcul mené sur la programmation pluriannuelle de l'énergie. Puis à 1,9 au 1ᵉʳ janvier 2026, et à 1,7 en 2027.
Ces deux dernières baisses ne sont pas des recalculs de rendement : le ministère les présente comme un choix, destiné à « mieux tenir compte des spécificités du mix électrique français » et à soutenir l'électrification des usages, le cadre européen permettant de descendre jusqu'à 1,7 environ. Pour un logement chauffé à l'électricité consommant 10 000 kWh par an, la consommation affichée sur le diagnostic suit donc ce chemin :
| Période | Coefficient | Consommation affichée pour 10 000 kWh |
|---|---|---|
| Jusqu'au 31 décembre 2025 | 2,3 | 23 000 kWh |
| Du 1ᵉʳ janvier 2026 au 31 décembre 2026 | 1,9 | 19 000 kWh |
| À partir du 1ᵉʳ janvier 2027 | 1,7 | 17 000 kWh |
La baisse de 2027 est donc plus modeste que celle de 2026 : environ 10,5 % au maximum, contre 17 % lors du passage de 2,3 à 1,9. Et elle est proportionnelle à la part d'électricité dans vos consommations. Attention à une idée reçue : un logement au gaz n'est pas totalement épargné, puisque l'éclairage et les auxiliaires (ventilation, circulateurs, régulation) sont toujours électriques. Sur un appartement parisien chauffé au gaz que nous avons recalculé, cette part représentait 2 % de la consommation finale, soit 1 kWh/m² par an de baisse, contre une vingtaine pour un logement tout électrique.
Qui gagne une classe : ce que disent 74 800 DPE réels
Plutôt que d'estimer, nous avons calculé. Le coefficient 1,7 a été appliqué à 74 800 diagnostics réels classés G, tirés du registre public de l'ADEME.
- 16 % de ces passoires classées G passent en F au 1ᵉʳ janvier 2027, sans aucun travaux.
- Leur consommation affichée baisse en moyenne de 9,5 %, ce qui les situe tout près du maximum théorique : ce sont des logements dont presque toute la consommation est électrique.
- Ces gagnants ont un GES faible, classe C le plus souvent, parce que l'électricité française est peu carbonée. C'est ce qui leur permet de convertir le gain de consommation en gain d'étiquette.
Précision utile : cet échantillon ne contient que des logements déjà classés G. Le chiffre de 16 % vaut donc pour les passoires thermiques, et non pour le parc français dans son ensemble.
Votre logement fait-il partie des gagnants ?
Notre simulateur applique le coefficient 1,7 aux données réellement déposées pour votre logement au registre ADEME, et tient compte du plafonnement par le GES. Gratuit, sans visite ni nouveau diagnostic.
Simuler mon étiquette 2027Le GES, ce plafond qui annule le gain
C'est le point que la plupart des articles oublient, et c'est le plus décevant pour les propriétaires concernés. L'étiquette d'un DPE n'est pas la note de consommation : c'est la plus mauvaise des deux notes, énergie et émissions de gaz à effet de serre. Or ce nouvel arrêté ne touche pas au GES.
Résultat, dans nos mesures, une proportion presque aussi grande de logements voit sa consommation s'améliorer suffisamment pour changer de classe... sans que l'étiquette bouge d'un millimètre. Tous sont classés G en GES : ce sont typiquement des logements chauffés au fioul ou au gaz avec un appoint électrique. Le coefficient améliore la part électrique, le carbone les retient au sol.
Pour ceux-là, seule une action sur l'énergie de chauffage elle-même produira un effet. C'est exactement ce que calcule notre scénario de travaux : le jeu de gestes le moins cher qui fait franchir une classe, GES compris. Nos guides détaillent aussi, étiquette par étiquette, ce qu'il faut viser pour sortir d'un DPE G, F ou E.
L'attestation gratuite de l'ADEME, sans refaire de diagnostic
C'est la disposition la plus utile de l'arrêté, et la moins commentée. Son article 3 prévoit que votre DPE en cours de validité reste valable avec son étiquette d'origine, et qu'une attestation dématérialisée, « générée sous forme dématérialisée exclusivement par l'ADEME sur le site internet de l'Observatoire du diagnostic de performance énergétique et de l'audit énergétique », est téléchargeable par toute personne. Elle substitue la nouvelle étiquette à l'ancienne.
Concrètement : pas de diagnostiqueur à faire revenir, pas de frais, aucune donnée de votre logement réexaminée. Seul le facteur de conversion change, et l'ADEME recalcule. L'attestation reste valable aussi longtemps que le DPE dont elle découle. L'article 4 étend le même mécanisme aux audits énergétiques, dont les étiquettes avant et après travaux sont recalculées, ce qui intéressera tous ceux qui ont un projet de rénovation en cours d'instruction. Pour connaître à l'avance l'étiquette qu'atteindront des travaux, c'est le DPE projeté qui fait foi auprès des financeurs.
Bailleurs : un répit réel, mais pas une solution
Pour un propriétaire bailleur, passer de G à F n'est pas cosmétique : les logements classés G sont interdits à la location depuis le 1ᵉʳ janvier 2025. Un G qui devient F redevient donc louable, sans avoir engagé un euro de travaux.
Sauf que la classe F est à son tour interdite au 1ᵉʳ janvier 2028. Le répit se compte en mois, pas en années. La lecture raisonnable de cet arrêté, pour un bailleur, est donc celle-ci : il offre une fenêtre pour relouer et pour financer sereinement une rénovation, pas une dispense de la faire. Si votre bien est concerné, le bon réflexe est d'utiliser ce sursis pour planifier les travaux, y compris avec un locataire en place, en profitant des aides encore disponibles.
Questions fréquentes
Le coefficient 1,7 est-il définitivement acté ?
Oui. L'arrêté du 19 août 2026, publié au Journal officiel du 26 août 2026, remplace la valeur 1,9 par 1,7 dans l'annexe 3 de l'arrêté du 31 mars 2021 qui régit le DPE des logements. Son article 6 fixe l'entrée en vigueur au 1er janvier 2027, et son article 5 abroge l'arrêté du 13 août 2025 qui avait fait passer ce même coefficient de 2,3 à 1,9.
Faudra-t-il refaire son DPE pour en bénéficier ?
Non. Les DPE en cours de validité restent valables avec leur étiquette d'origine. L'arrêté prévoit une attestation dématérialisée, générée exclusivement par l'ADEME sur le site de l'Observatoire du DPE et téléchargeable par toute personne, qui substitue la nouvelle étiquette à l'ancienne. Aucune donnée du diagnostic n'est revue : seul le facteur de conversion change.
Quels logements gagnent une classe au 1er janvier 2027 ?
Ceux dont une grande part de la consommation est électrique : chauffage électrique, pompe à chaleur, chauffe-eau électrique ou thermodynamique. Un logement au gaz ou au fioul baisse lui aussi, car l'éclairage et les auxiliaires sont toujours électriques, mais de l'ordre du kWh par mètre carré seulement : c'est rarement suffisant pour franchir un seuil de classe.
Pourquoi mon étiquette ne bouge-t-elle pas alors que ma consommation baisse ?
Parce que votre note est plafonnée par les émissions de gaz à effet de serre. L'étiquette d'un DPE est la plus mauvaise des deux notes, énergie et GES. Le coefficient ne touche que la consommation : un logement retenu par son GES conserve donc sa classe.
Les seuils des classes A à G changent-ils en 2027 ?
Non. L'arrêté du 19 août 2026 ne modifie que le facteur de conversion de l'électricité. Les seuils qui délimitent les classes, en kWh/m²/an et en kgCO2/m²/an, restent inchangés.
Un logement classé G peut-il redevenir louable ?
Un G qui passe en F sort de l'interdiction de location qui frappe les G depuis le 1er janvier 2025. Attention toutefois : la classe F est elle-même interdite à la location à compter du 1er janvier 2028. Le gain offre un répit de quelques mois, pas une solution durable.
Conclusion
Le coefficient 1,7 n'améliore pas l'isolation d'un seul logement : il corrige la façon dont on comptabilise l'électricité, et cette correction profite mécaniquement aux logements tout électrique. Pour 16 % des passoires classées G que nous avons recalculées, cela suffit à passer en F et à redevenir louables. Pour les autres, en particulier celles que leur GES retient, rien ne changera sans travaux.
La bonne nouvelle, c'est qu'il n'y a rien à payer ni à refaire pour en profiter : une attestation gratuite de l'ADEME suffira à partir du 1ᵉʳ janvier 2027. Reste à savoir dans quelle catégorie se trouve votre bien, ce qui prend une trentaine de secondes avec notre simulateur DPE 2027. Si votre diagnostic date d'avant 2026, commencez par le simulateur DPE 2026 : une partie du gain vous est déjà acquise.
Sources
- Arrêté du 19 août 2026 modifiant le facteur de conversion de l'énergie finale en énergie primaire de l'électricité relatif au diagnostic de performance énergétique (Journal officiel du 26 août 2026)
- Arrêté du 11 juin 2026 portant diverses dispositions d'adaptation au droit de l'Union européenne sur le diagnostic de performance énergétique
- Évolutions du calcul du DPE : les réponses à vos questions (ministère de la Transition écologique) : origine des valeurs 2,58, 2,3 et 1,9.
- FAQ DPE, modification du facteur de conversion en énergie primaire (portail des réglementations énergétiques du bâtiment).
- Mesures DPEboost sur 74 800 diagnostics classés G du registre ADEME, recalculés au coefficient 1,7 (août 2026).